Archive pour la catégorie ‘Articles’

Australia (2007) de B. Lurhmann

Mardi 20 octobre2009

Il y a encore toute une littérature à écrire sur le très mauvais cinéma.
Sa capacité incroyable à dépasser les plus terribles limites du mauvais goût, sa prétention notoire et ridicule, ses multiples errances narratives, esthétiques…

Australia de Baz Lurhmann : c’est tout cela à la fois.

Bien sur, le film fût un succès commercial. Et ce n’était pas gagné après la projection-test catastrophique dictant au cinéaste un happy-end lamentable. Mais Ruper Murdoch peut être content ! Loin d’être le nouveau Titanic, le film est largement rentré dans ses frais homériques.
Malheureusement, le produit est là.
Immense parangon de ce ciné Monde dont la puissance industrielle s’impose à coup de dollars.
Mais monument foutraque, sans grâce, sans beauté, d’une laideur repoussante et d’une bêtise sans nom.

Le ‘film’ entend rendre hommage aux fresques cinématographiques de l’ Hollywood Industriel d’antan.
Il parvient à faire exactement le contraire. Il tue les restes d’indulgence que l’on pouvait avoir pour ces vénérables vieillards…

Australia fait prendre conscience d’une problématique insoupçonnable :

Comment avons nous pu prendre au sérieux des histoires aussi grotesques et couvertes de clichés que celle des superproductions comme Gone With The Wind ou Duel In The Sun ?

Peut être parce que les cinéastes de ces deux productions : les Sam Wood, Victor Fleming, King Vidor, Georges Cukor étaient justement… de vrais cinéastes !
Avec un sens de la narration, de la direction d’acteur, de l’impact visuel d’un plan, de la valeur dramatique d’un plan…
Venant du monde débile de la pub, Luhrmann n’est qu’un boucher de l’image massacrant chaque plan et chaque séquence par un montage virtuel incompréhensible et des effets  spéciaux épouvantables. Notons, l’incroyable multiplication de fonds verts renforçant une artificialité exacerbée sur la presque totalité du métrage.
En forçant le trait avec sa finesse habituelle (en gros, celle d’un commando anti- Al-Qaida) le maître du Baroque et du recyclage écœurant nous livre son film fleuve ! Son ode à son pays natal (moyennant quand même un hold-up chez les pauvres contribuables du continent rouge).

Je ne dirai rien sur ‘le message’ du film (pour une vraie réflexion sur le racisme autant voir Gran Torino). Je soulignerai juste les apparitions hilarantes de King Georges, toujours au bon moment narratif, et qui démontre finalement le peu de considération de Luhrmann envers les aborigènes. Entendre défendre un peuple bafoué en utilisant les pires topos : voila encore un sujet de thèse à creuser ! 

Par malheur, le film s’impose (aussi) comme le testament cinématographique de Nicole Kidman. Exécrable dans toutes ses scènes, la star mondial y voyait (dixit son journal de tournage) une sorte de consécration. Malgré une filmographie riche en navets pitoyables : Jamais l’actrice n’était tombée aussi bas. Défigurée par la chirurgie esthétique,  l’australienne tourne en ridicule chaque scène de comédie et plonge la production dans les tréfonds du nanar affligeant. 

Produit pathétique, destinée à pourrir dans les fosses communes des superproductions oubliées, Australia ne mérite que notre mépris*

 

* Nicole Kidman quittera l’avant première d’Australia en catastrophe. Elle déclarera au micro de la radio australienne 2day FM : « Je me suis assise là. (…) Et je me suis demandé : « Suis-je bonne dans ce film ? Je ne peux pas regarder ce film et être fière de moi ! »

The Wonderful Country (1959) de Robert Parrish

Lundi 28 septembre2009

 

Magnifique ‘western’ de Robert Parrish. Introuvable partout. Et pas mal oublié, il faut bien le dire !

Film d’atmosphère (étonnante, juste  et colorée vision du Mexique, loin des clichés Hollywoodiens), portait d’un homme en plein questionnement intérieur (Robert Mitchum, en gringo, est splendide), magnifique photo en Technicolor, superbe musique d’Alex North.

Peu d’action, c’est vrai… mais de très belles caractérisations (Julie London, Alfred Decker, Charles McGraw et Pedro Armendariz brillant en politicien cynique).

 

 

Un film passionnant de Robert Parrish. Cinéaste brillant et malheureusement oublié aujourd’hui.

Une réussite remarquable qui annonce, à bien des égards, les westerns ‘Mexicains’ de Sam Peckinpah (Major Dundee, Pat Garett, Alfredo Garcia…)

 

 

 

 

 

 

Star Wars et Saul Bass

Mercredi 22 juillet2009

Le générique de La Guerre Des Etoiles par Saul Bass ?! Quel aurait été le résultat ?

La réponse en image.
Générique de Star Wars - A New Hope - par Saul Bass…

Formidable hommage plein d’humour et d’affection.

L’inconnu de Tod Browning (1927)

Mercredi 22 juillet2009

Le film jouit d’une réputation considérable dans le monde des cinéphiles. Plus encore que Freaks, beaucoup considèrent L’Inconnu comme le chef-d’œuvre de Tod Browning :

« Des trois films réalisés par Tod Browning en 1927 l’Inconnu est le plus célébre, le plus original, le plus achevé.» Alain Garsault, Positif, Oct. 2000.

« En quelques instants, Browning dresse le décor d’un petit cirque perdu dans la banlieue madrilène, mais au lieu de s’attacher à sa population cosmopolite, il concentre son attention sur Alonzo, l’homme sans bras. Amoureux passionné et criminel, Alonzo est l’un de ces êtres en marge qu’affectionnait Browning. L’histoire mèle avec génie la passion à la cruauté, la poésie à l’horreur. » Télérama

Burt Lancaster — ancien homme de cirque — admirait le film, et tout particulièrement l’interprétation de Lon Chaney. 

Lon Chaney, pour les scènes de manipulation de couteaux et autres objets, collabora avec Paul Desmuke (crédité sous le nom de Peter Dismuki), un homme réellement sans bras. L’extraordinaire travail des deux hommes renforcera encore le réalisme de certaines séquences… et le malaise qui s’en dégage…

Dans le drame passionnel de François Truffaut : La Femme d’à côté en 1981 : Gérard Depardieu cite de manière directe le film de Tod Browning en parlant d’une histoire où, par amour, un homme se fait couper les bras…

Le film fut longtemps connu dans une copie 9,5 mm. La Cinémathèque française retrouva, au début des années 1970, une copie 35 mm bien plus acceptable et surtout beaucoup plus longue. Plusieurs scènes au début du film restent absentes mais elles n’influent pas particulièrement sur le déroulement de l’intrigue. Déplorons tout de même la disparition d’une séquence importante : Les meurtres de tous les témoins de l’amputation (le docteur criminel et le complice Cojo) par Alonzo.

The Robe (1953) d’Henry Koster

Lundi 20 juillet2009

La société de John Lowry et son fameux “Lowry System” (déjà plus de 400 films traités !) s’attaque donc au légendaire : The Robe (1953) de Henry Koster.
The Robe vient de bénéficier d’une restauration complète de la part de Lowry Digital.*
Ier film en Cinémascope tourné à Hollywood… mais invention française expérimentée par Claude Autant-Lara et Henri Chrétien dans les années 20 pour le film : Construire Un Feu (1926) !!!
Transformation brutale de l’industrie, le film est très important dans l’histoire du cinéma américain.
L’arrivée du Cinémascope peut tout à fait se comparer à l’arrivée du parlant en 1927…

Document historique essentiel, cet indigeste ‘péplum’ jette les bases d’un cinéma à grand spectacle qui allait devenir l’arme essentielle contre le succès sans cesse grandissant de la télévision
Pour cette nouvelle édition, les éléments originaux viennent de la collection privée de … Martin Scorsese.
Le maître du cinéma américain présentera le film pour l’occasion.

Notons enfin, que The Robe est (artistiquement parlant) l’un des plus mauvais film du genre. Moins navrant quand même que le nullissime The Silver Chalice de Victor Saville avec Paul Newman !
Mais The Robe reste une abominable kitcherie. Effets spéciaux hideux, interprétation médiocre (Richard Burton est grotesque dans le rôle du romain au coeur de pierre bouleversé par la passion). Robert Taylor était autrement plus crédible dans Quo Vadis.

Le film bénéficiera d’une suite (bien supérieure) : Demetrius and The Gladiators de Delmer Daves.

Peu importe. Après la splendide édition de Quo Vadis, il y a quelques mois, voici un autre événement digne d’intérêt pour tous les fans de ‘Sword and Sandal’.

*Peut être pourra-t-on voir, dans un futur proche, The Egyptian avec la partition complète de Bernard Herrmann…