How The West Was Won (1962)
Lundi 25 août2008A l’occasion de la sortie en Dvd zone 1 du Film-Fleuve How The West Was Won (1962), petit retour sur ce western à part.
La ressortie en Dvd, en copie restaurée en Septembre 2008, permettra enfin de revoir ce western épique (écrit par et pour l’Amérique) dans sa version la plus acceptable depuis plus de 45 ans.
Tourné en Cinérama (trois camera à l’enregistrement et à la diffusion), le film n’était visible depuis des décennies que dans un transfert ignoble (principalement dût à des éléments originaux grandement détériorés…) : recadrage médiocre, étalonnage aléatoire et surtout la présence de deux affreuses lignes représentant l’assemblage des images des deux autres projecteurs…
HP et Warner se sont associés et proposent (à l’aide d’un nouveau logiciel de restauration) ce pensum édifiant dans des conditions très certainement idéales.
Il s’agit d’un western très particulier. Peut être le plus propagandiste de l’histoire du western. Hymne à l’American Dream et à la réécriture hagiographique de l’ouest, le film propose un portrait ou la probité des petits américains reste l’unique valeur du pays de l’Oncle Sam. Mais trop de moyen, de figurants et de réalisateurs (G. Marshal, H. Hattaway et John Ford) engendrent une espèce de film monstre.
Le long métrage nous conte la vie d’une femme (Debbie Reynolds) qui de fille de mormon devient danseuse de saloon, et finalement richissime femme d’affaire avant de partir vers la mort en chantant de belles chansons… Pourtant (années 60 oblige) quelques tourbillons de violence tendent à rappeler que le crépuscule du genre ne va pas tardé à tomber. Tourné en 1962, c’est l’un des derniers westerns hollywoodiens.
Et puis, il y a le Cinérama. Il fallait des scènes spectaculaires pour mettre en valeur ce procédé. Si la guerre de sécession ou les guerres indiennes ne servent que de très vague décorum à des drames familiaux édifiants (segment John Ford), le film ne garde son pouvoir de fascination que sur quelques morceaux de bravoure. Gratuits et spectaculaires, ils font tous le sel de ce trop long film. L’interminable attaque du train final (le cascadeur Bob Morgan failli perdre la vie lors de cette séquence) et surtout la charge des bisons : retour grandiose et métaphorique d’une nature dévastatrice. Ces scènes d’actions bigger than life renforcent encore l’idée de voir une sorte d’ancêtre des blockbusters d’aujourd’hui. Gros films commerciaux polluant régulièrement les écrans lors des périodes estivales.
Si l’essentiel des stars ne tiennent que des petits rôles (Spencer Tracy ne prête que sa voix, Henry Fonda, John Wayne n’ont presque rien à faire…) Richard Widmark sort du lot et transcende certains passages. L’acteur incarne (à lui tous le seul) toute la monstruosité des grands capitalistes américains et donne à ses scènes la pleine mesure de son talent. La déception vient finalement du fait que les vraies vedettes du film (dont les personnages sont présents sur plus de 80 % du film) ne sont que des silhouettes peu passionnantes. L’interprétation de Debbie Reynolds n’étant pas toujours de très haute tenue non plus…
Pour conclure, et de manière très subjective, un film relativement désuet et indigeste… mais un jalon important du genre !


