Archive pour février 2009

The Ultimate Warrior (1975) de Robert Clouse

Jeudi 26 février2009

 

Revoir The Ultimate Warrior est un véritable régal.

Série B cheap, craquelée de partout et filmée dans les quartiers désaffectés de Brooklyn : le film de Robert Clouse annonce pour le meilleur (et surtout pour le pire !!!) la vague de film post- apocalyptique du début des années 80.

Tourné à une époque où l’Amérique (en pleine introspection) constellait les écrans d’âmes sensibles et de loosers magnifiques, ce film post-catastrophe exaltait le culte de la force !!!

Comme noté justement dans le formidable livre de Robin Wood, Hollywood from Vietnam to Reagan : l’état de décrépitude de la société dans les films post-catastrophe des années 70 illustre de manière frappante le constant d’échec de la contre culture hippie de la fin des années 60. La bande de hippie, gouverné avec une certaine distance par Max Von Sydow, peut tout à fait apparaître comme une caricature de la société du ‘flower power’. Vie communautaire, retour aux valeurs écologiques… Mais, ici, communauté pacifiste gangrenée par la plus abjecte barbarie.
La bande du Rouquin (inénarrable William Smith…) et les hippies de Sydow obéissent finalement à la même pulsion de haine et de mort.

Notons que le manque de budget de la production et la platitude formelle de la mise en scène de Clouse renforce d’autant plus la sécheresse de l’oeuvre.

 

 

Enfin, et surtout, le film s’impose comme le testament cinématographique de Yul Brynner.
Voir l’ancien Roi de Hollywood finir dans ce long métrage à quelque chose de fascinant.
L’acteur, proche des 60 ans au moment du tournage, exhibe une musculature impeccable et fait preuve d’une forme physique étonnante.
Quasiment Muet, armé d’un couteau, il endosse pour la dernière fois le rôle du mercenaire implacable. Un rôle qu’il connaissait évidemment par coeur…

Véritable film culte, introuvable en France et rarement diffusé, The Ultimate Warrior reste une oeuvre minuscule mais hautement délectable.

* Tourné en 1975, le film ne sort en France qu’en 1976. Année ou l’acteur met un terme à sa carrière après les désastreux : Futureworld et Death Rage…

 

The White Buffalo de J. Lee Thomson (1977)

Mardi 17 février2009

The White Buffalo de J. Lee Thomson, encore introuvable aux Etats-Unis, vient de sortir pour la première fois en Dvd zone 2.
Copie restaurée et format cinéma respecté 1:85. Avec même quelques suppléments : une Bande Annonce et une petite présentation par Patrick Brion lui-même (très mal à l’aise pour parler du film !!!!!)

En tous les cas, une occasion unique de revoir ce film formidable. 

Film fantastique, western crépusculaire, relecture de Moby Dick, vague remake de Jaws…il s’agit d’un film ‘culte’ et d’un western crépusculaire passionnant. Le climat morbide de cette œuvre bizarre inspirera plus tard Jim Jarmush pour son magnifique Dead Man

Les lunettes noires de Charles Bronson, la partition cauchemardesque de John Barry et l’avalanche impressionnante de second rôle monstrueux (Will Sampson, Jack Warden, Stuart Withman, Ed Lauter, John Carradine ou Slim Pickens) accentuent d’autant plus le malaise.

Malgré la médiocrité des effets spéciaux, un beau western crépusculaire.

 

 

Sorcerer (1977) de William Friedkin

Lundi 16 février2009

Le Convoi de la peur (Sorcerer) est une nouvelle adaptation du roman de Georges Arnaud : Le Salaire de la peur, déjà porté à l’écran par Henri-Georges Clouzot en 1952. Le film fut tourné en 1977 par William Friedkin avec Roy Scheider, Francisco Rabal, Bruno Cremer et Amidou. La musique du film fut composée par le groupe allemand Tangerine Dream, dont ce fut le premier travail pour Hollywood.

Friedkin voulait Steve McQueen qui, en imposant sa femme, se mettra directement sur la touche.  Après un tournage chaotique et onéreux dans la jungle de la République Dominicaine, les crises démoniaques d’un cinéaste colérique qui multiplie les brouilles avec l’équipe technique, les acteurs et les dirigeants du studio : le film sera un désastre commercial sans appel. L’illustration saisissante de la ville poubelle d’Amérique du Sud, les quatre longues scènes de présentation des personnages en langue étrangère, l’impossibilité pour le public américain de s’identifier aux personnages du film, l’anti-climax final…Autant d’éléments perturbant pour un public américain qui allait découvrir cette même année une nouvelle source de fascination.  Le film sort au même moment que La Guerre des étoiles. Après une semaine d’exploitation, Sorcerer est balayé et disparaît des écrans. Le film annonce la disgrâce de William Friedkin. Début d’une longue période d’échec à la fois critique et public.

Scheider juge, pour sa part, que l’élimination de séquences où Juan Domingez se lie d’amitié avec un petit enfant porte gravement préjudice à l’image que son personnage dégage dans le film. Il ne pardonnera jamais à Friedkin ce remontage et refusera de commenter le film, et cela jusqu’à sa mort. Friedkin juge, aujourd’hui, que le choix de Roy Schneider fut la pire erreur de casting de sa carrière.

Grâce à l’explosion du marché de la vidéo dans les années 1980, le film deviendra rapidement ‘culte’ pour bon nombre de cinéphiles. Régulièrement redécouvert dans les festivals et autres manifestations cinéphiliques, le film est considéré aujourd’hui comme le chef d’œuvre de William Friedkin.

 

 

Danton d’Andrzej Wajda (1982)

Dimanche 15 février2009

Danton sera (enfin) disponible en Mars dans une édition qui s’annonce magnifique chez le prestigieux éditeur Criterion.

Film trés rare en dvd, aucun éditeur français ne semble avoir été intéréssé, c’est une fois de plus les américains qui prendront soin de notre patrimoine cinématographique Français !!!

Notre Gérard Depardieu national commenca avec ce film sa trés longue carrière de personnage historique !

 

Man Hunt (1941) de Fritz Lang

Vendredi 13 février2009

 

Un Fritz Lang peu connu mais trés brillant.

Mélange remarquable de film noir et de film de propagande anti-nazi, cette oeuvrette de commande
bénéficie d’un casting formidable : Carradine en espion nazi, Joan Bennett (au sommet de sa beauté)
et le génial Georges Sanders en grand méchant.

L’ouverture du film est stupéfiante !

Pour la première fois en DVD.