Archive pour juillet 2009

West Of Zanzibar de Tod Browning (1928)

Dimanche 26 juillet2009

Poisseux, sale et violent : West Of Zanzibar (1928) est un film muet unique.

Tourné à la chaîne dans un studio qui commencer à abandonné les productions muettes, on reste (80 ans après) complètement sidéré par l’horreur putride que dégage ce film rance.
Tod Browning repousse les limites du mélodrame traditionnel et plonge son récit africain jusqu’aux tréfonds de la saleté de la nature humaine !!!!

Du jamais vu ! Comment un studio a-t-il pu produire un film de la sorte ? La M.G.M en plus ????
La liberté laissée à Tod Browning semble véritablement totale !

Si les indigènes sont toujours représentés comme des sauvages effrayants assoiffés de sang, les blancs ne sont pas mieux. Alcooliques, libidineux, haineux…
Le tout dominé, comme toujours, par un Lon Chaney hallucinant. Deux ans avant sa mort, il incarne de manière saisissante cette infirme ivre de vengeance et d’instinct de mort…
Chauve, transpirant et infirme…

Un film mémorable et saisissant.
Pas encore distribué en DVD…nulle part !

 

Star Wars et Saul Bass

Mercredi 22 juillet2009

Le générique de La Guerre Des Etoiles par Saul Bass ?! Quel aurait été le résultat ?

La réponse en image.
Générique de Star Wars - A New Hope - par Saul Bass…

Formidable hommage plein d’humour et d’affection.

L’inconnu de Tod Browning (1927)

Mercredi 22 juillet2009

Le film jouit d’une réputation considérable dans le monde des cinéphiles. Plus encore que Freaks, beaucoup considèrent L’Inconnu comme le chef-d’œuvre de Tod Browning :

« Des trois films réalisés par Tod Browning en 1927 l’Inconnu est le plus célébre, le plus original, le plus achevé.» Alain Garsault, Positif, Oct. 2000.

« En quelques instants, Browning dresse le décor d’un petit cirque perdu dans la banlieue madrilène, mais au lieu de s’attacher à sa population cosmopolite, il concentre son attention sur Alonzo, l’homme sans bras. Amoureux passionné et criminel, Alonzo est l’un de ces êtres en marge qu’affectionnait Browning. L’histoire mèle avec génie la passion à la cruauté, la poésie à l’horreur. » Télérama

Burt Lancaster — ancien homme de cirque — admirait le film, et tout particulièrement l’interprétation de Lon Chaney. 

Lon Chaney, pour les scènes de manipulation de couteaux et autres objets, collabora avec Paul Desmuke (crédité sous le nom de Peter Dismuki), un homme réellement sans bras. L’extraordinaire travail des deux hommes renforcera encore le réalisme de certaines séquences… et le malaise qui s’en dégage…

Dans le drame passionnel de François Truffaut : La Femme d’à côté en 1981 : Gérard Depardieu cite de manière directe le film de Tod Browning en parlant d’une histoire où, par amour, un homme se fait couper les bras…

Le film fut longtemps connu dans une copie 9,5 mm. La Cinémathèque française retrouva, au début des années 1970, une copie 35 mm bien plus acceptable et surtout beaucoup plus longue. Plusieurs scènes au début du film restent absentes mais elles n’influent pas particulièrement sur le déroulement de l’intrigue. Déplorons tout de même la disparition d’une séquence importante : Les meurtres de tous les témoins de l’amputation (le docteur criminel et le complice Cojo) par Alonzo.

The Robe (1953) d’Henry Koster

Lundi 20 juillet2009

La société de John Lowry et son fameux “Lowry System” (déjà plus de 400 films traités !) s’attaque donc au légendaire : The Robe (1953) de Henry Koster.
The Robe vient de bénéficier d’une restauration complète de la part de Lowry Digital.*
Ier film en Cinémascope tourné à Hollywood… mais invention française expérimentée par Claude Autant-Lara et Henri Chrétien dans les années 20 pour le film : Construire Un Feu (1926) !!!
Transformation brutale de l’industrie, le film est très important dans l’histoire du cinéma américain.
L’arrivée du Cinémascope peut tout à fait se comparer à l’arrivée du parlant en 1927…

Document historique essentiel, cet indigeste ‘péplum’ jette les bases d’un cinéma à grand spectacle qui allait devenir l’arme essentielle contre le succès sans cesse grandissant de la télévision
Pour cette nouvelle édition, les éléments originaux viennent de la collection privée de … Martin Scorsese.
Le maître du cinéma américain présentera le film pour l’occasion.

Notons enfin, que The Robe est (artistiquement parlant) l’un des plus mauvais film du genre. Moins navrant quand même que le nullissime The Silver Chalice de Victor Saville avec Paul Newman !
Mais The Robe reste une abominable kitcherie. Effets spéciaux hideux, interprétation médiocre (Richard Burton est grotesque dans le rôle du romain au coeur de pierre bouleversé par la passion). Robert Taylor était autrement plus crédible dans Quo Vadis.

Le film bénéficiera d’une suite (bien supérieure) : Demetrius and The Gladiators de Delmer Daves.

Peu importe. Après la splendide édition de Quo Vadis, il y a quelques mois, voici un autre événement digne d’intérêt pour tous les fans de ‘Sword and Sandal’.

*Peut être pourra-t-on voir, dans un futur proche, The Egyptian avec la partition complète de Bernard Herrmann…

King Kong (1976) de John Guillermin en Blu Ray

Mardi 14 juillet2009

Moins poétique que la version de 1933…mais aussi moins raciste et bien mieux interprété…
Le King Kong ‘conspué’ de John Guillermin et Dino de Laurentiis sort en Blu-ray chez Studio Canal !

C’est ma version préférée de King Kong !

Ce film est super ‘camp’ mais beau et attachant ! Les effets spéciaux sont assez hideux…et alors : l’histoire de King Kong est si primitive… Rien à voir avec la version Jackson sur ce point : c’est vrai. Par contre, on reste très loin de la romance risible et interminable de la version de 2005 !

Cette version est la plus sauvage et la plus érotique !

Jessica Lange est formidable en ‘blonde’. Beaucoup plus proche d’une héroïne de porno soft 70 mais si désirable par rapport à l’insignifiance physique des autres interprètes. Elle est resplendissante de beauté et confère à ce Kong une dimension sexuelle qui manque à toutes les autres versions.

King Kong c’est quand même l’histoire d’un mec très costaud et poilu qui grimpe sur un phallus géant avec une femme à demi nue ! La scène ou Kong déshabille et sèche Jessica Lange est très belle et troublante.
De plus, l’idée de changer l’Empire State Building par le World Trade Center renforce, aujourd’hui, la fascination des dernieres scènes.

Charles Grodin est très drôle en mégalo du pétrole et Jeff Bridges est aussi très bien en jeune premier écolo.
Enfin, Rick Baker est vraiment brillant dans son incarnation de Kong. Il est à la fois sauvage et touchant dans son amour impossible.

Et puis, Que dire de la musique de John Barry ? Elle est sublime de force et de romanesque échevelé. Une partition qui écrase, de par sa beauté, la musique inodore de Newton Howard pour le film de Jackson.

J’adore ce film !!!

En bonus : 20 superbes captures en HD de la version blu ray du Studio Canal ! Il ne s’agit pas d’une version restaurée mais d’un bien beau transfert quand même !